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Énergie et corps énergétiques : quelle place dans les pratiques corporelles ?

Photo du rédacteur: Virginie Van Der Wees
Virginie Van Der Wees
8 déc. 2022
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept.

Virginie, somatothérapeute, pratique un toucher doux lors d’une séance corporelle
Le toucher, une porte d’entrée vers les sensations du corps

Quand on pratique le shiatsu, les polarités ou certaines approches issues des traditions indiennes et chinoises, un mot revient régulièrement : l’énergie.


Énergie qui circule, énergie que l’on cherche à équilibrer, méridiens, polarités, corps subtils… Ces notions peuvent sembler abstraites lorsqu’on ne connaît pas ces pratiques.


Pourtant, elles s’inscrivent dans des traditions et des approches corporelles que j’ai rencontrées au cours de mes formations et que j’utilise, pour certaines, dans ma pratique de somatothérapeute.


L’objectif de cet article n’est pas de vous demander d’adhérer à une vision particulière du corps. Il est plutôt de comprendre ce que recouvrent ces notions, comment elles sont utilisées dans différentes pratiques et quelle place elles peuvent prendre dans un accompagnement corporel.


Car derrière les mots « énergie » ou « rééquilibrage énergétique », il y a aussi quelque chose de très concret : un corps que l’on touche, des pressions, des vibrations, une respiration, des sensations et surtout une personne attentive à ce qu’elle ressent.


Qu’appelle-t-on « énergie » dans les pratiques corporelles ?


Le mot énergie ne recouvre pas exactement la même chose selon les traditions et les pratiques.


Dans la tradition indienne, on rencontre notamment la notion de prana, associée au souffle et à l’énergie vitale. Dans les traditions chinoises, on parle de Qi. Le shiatsu s’inscrit lui aussi dans une conception du corps où la circulation de l’énergie et les méridiens occupent une place importante.


Ces différentes représentations ont donné naissance à des pratiques, des cartographies du corps et des gestes spécifiques. Dans une séance, ces notions peuvent ainsi guider la manière dont le praticien travaille : les zones sur lesquelles il pose ses mains, les pressions qu’il exerce, les points ou les trajets qu’il suit, mais aussi la qualité et le rythme du toucher.


Et du côté de la personne qui reçoit, l’expérience reste avant tout corporelle.


Une zone peut sembler particulièrement sensible. Une pression peut être agréable ou inconfortable. On peut ressentir de la chaleur, des fourmillements, une sensation de circulation ou simplement prendre conscience d’une partie de son corps à laquelle on ne prêtait jusque-là aucune attention.


L’approche énergétique et l’attention portée aux sensations peuvent alors se rencontrer dans une même pratique.



Que sont les corps énergétiques ou corps subtils ?

Virginie accompagne une personne allongée par un toucher corporel en somatothérapie
Le contact et l’écoute du corps au cœur de la pratique

La notion de corps subtils apparaît dans différentes traditions, notamment indiennes. Selon ces approches, l’être humain ne se limite pas à son corps physique et peut être envisagé à travers différentes dimensions ou « enveloppes ».


Les descriptions et les classifications varient selon les courants. On retrouve notamment les notions de :

  • corps éthérique ;

  • corps émotionnel ;

  • corps mental ;

  • corps spirituel.


Ces différentes représentations proposent une lecture globale de la personne, qui ne sépare pas nécessairement ce qui relève du corps, des sensations, des émotions, des pensées ou de la dimension spirituelle.


Dans le cadre d’une pratique corporelle, elles peuvent constituer une grille de lecture et de travail.


Cela ne signifie pas pour autant qu’une sensation doit systématiquement recevoir une interprétation énergétique. Dans mon travail de somatothérapeute, je trouve important de laisser d’abord à la personne la possibilité de ressentir et de mettre ses propres mots sur son expérience.


Qu’est-ce qu’un rééquilibrage énergétique ?

Le terme « rééquilibrage énergétique » désigne, selon les pratiques, différentes manières d’accompagner la circulation de l’énergie dans le corps.


Le toucher, les pressions, le souffle, le mouvement ou encore les vibrations sonores peuvent être utilisés comme supports.


Les techniques et les cartographies diffèrent : en shiatsu, on travaille notamment à partir des méridiens ; les polarités proposent une autre organisation du corps ; les bols tibétains utilisent le son et les vibrations.


Dans ma pratique de somatothérapeute, ces outils constituent différentes portes d’entrée vers le corps et ses sensations. Ils ne servent pas à poser un diagnostic ni à décider à la place de la personne de ce qui se passe en elle.


C’est un point essentiel.


Une personne peut ressentir des frissons, une sensation de circulation, un relâchement, une modification de sa respiration ou quelque chose de beaucoup plus discret.


Une autre pourra vivre la même pratique très différemment.

L’expérience corporelle reste toujours singulière.


Les polarités : une cartographie énergétique du corps


Virginie pose ses mains autour de la tête d’une personne lors d’une pratique corporelle
Un travail corporel associant présence, toucher et sensations

La thérapie par les polarités, ou Polarity Therapy, a été développée par Randolph Stone au XXe siècle.


Son approche s’est nourrie de plusieurs disciplines et traditions, notamment de l’Ayurveda. Elle repose sur une représentation du corps organisée autour de différents pôles et circulations énergétiques.


Dans la pratique, le travail peut notamment se traduire par des contacts effectués simultanément sur différentes parties du corps.


J’ai découvert les polarités au cours de ma formation en somatothérapie.


Cette approche permet de réunir deux dimensions présentes dans mon travail : une lecture énergétique du corps et l’expérience concrète du toucher.


Le shiatsu : accompagner la circulation de l’énergie par le toucher

Le shiatsu est une pratique japonaise qui utilise principalement des pressions exercées avec les doigts, les pouces et les paumes. Il s’inscrit dans une conception énergétique du corps dans laquelle la circulation de l’énergie et les méridiens occupent une place centrale.


Pendant une séance, cette approche prend une forme très concrète : des pressions, un rythme, un enchaînement de gestes et un toucher qui se déplace sur différentes parties du corps.


Sous les mains, certaines zones peuvent sembler plus sensibles que d’autres. La personne peut elle aussi percevoir des différences au fil de la séance.


C’est l’une des particularités de ces pratiques : une cartographie traditionnelle guide le geste du praticien tandis que la personne reste attentive à ses sensations.


La réflexologie plantaire : le corps à travers les pieds


Virginie pratique la réflexologie plantaire par des pressions sur les pieds
La réflexologie utilise différentes zones de contact au niveau des pieds

La réflexologie plantaire repose sur une cartographie dans laquelle différentes zones du pied sont mises en correspondance avec différentes parties du corps.

La pratique consiste à stimuler ces zones à l’aide de pressions et de massages.


Les pieds constituent également une zone particulièrement riche sur le plan sensoriel. Certaines pressions peuvent être très agréables, d’autres plus sensibles ou simplement surprenantes.


La réflexologie offre ainsi une autre manière de porter attention au corps à travers une zone que nous sollicitons constamment mais à laquelle nous prêtons finalement assez peu attention.


Là encore, dans ma pratique, la cartographie ne remplace jamais ce que la personne ressent. Elle guide le geste ; l’expérience appartient à celui ou celle qui le reçoit.


Les bols tibétains et la sonothérapie : quand le son devient sensation


Virginie utilise un bol tibétain lors d’une pratique de relaxation par le son
Le son et les vibrations comme supports de l’expérience corporelle

Avec les bols tibétains, l’expérience corporelle passe par un autre support : le son et les vibrations.


Lorsqu’un bol résonne, le son est entendu mais ses vibrations peuvent également être perçues physiquement, notamment lorsqu’il est placé à proximité du corps.


Certaines personnes sont particulièrement sensibles aux vibrations. D’autres sont davantage touchées par le son ou apprécient simplement le moment de calme créé par la pratique.


Énergétique et somatothérapie : laisser une place à l’expérience

Les polarités, le shiatsu, la réflexologie ou les bols tibétains sont des approches différentes. Certaines s’appuient explicitement sur des conceptions énergétiques du corps, d’autres sur des cartographies ou des supports différents.


Elles peuvent pourtant se rencontrer autour d’un même point : l’attention portée au corps.


C’est là que ces outils trouvent leur place dans mon approche de la somatothérapie.


Le toucher peut attirer l’attention sur une zone. Une pression peut faire apparaître une sensation. Une vibration peut être ressentie dans le corps. La respiration peut se modifier. Une personne peut découvrir qu’elle apprécie particulièrement un type de contact ou, au contraire, qu’elle ne l’aime pas.


Tout cela constitue déjà une matière précieuse pour revenir vers ses sensations et mieux écouter son corps.


Le conseil de Virginie

Lorsque vous découvrez une pratique énergétique, essayez de ne pas chercher à ressentir ce que vous pensez être « censé » ressentir.


Chaleur, fourmillements, sensation de circulation, détente, gêne, envie de bouger… ou rien de particulièrement identifiable : commencez simplement par observer ce qui est là.


Il n’y a pas de bonne réponse.


Différentes portes d’entrée pour écouter le corps

Au fil de mes formations et de ma pratique, j’ai découvert différentes manières d’aborder le corps.


Certaines passent par le toucher. D’autres par les pressions, le mouvement, le souffle, le son ou les vibrations. Certaines utilisent des cartographies énergétiques transmises par différentes traditions.


Je ne cherche pas à faire entrer toutes les personnes dans une même lecture de ce qu’elles ressentent.


En tant que somatothérapeute, ces différentes approches sont pour moi des outils et des portes d’entrée vers le corps. Elles permettent d’explorer, de ressentir, de porter son attention ailleurs, parfois de découvrir une sensation que l’on n’avait jamais remarquée.


Et finalement, quel que soit l’outil utilisé, c’est toujours vers la personne que l’on revient : son corps, ses sensations et son expérience.


Si vous souhaitez découvrir comment j’intègre certains de ces outils dans mes séances, vous pouvez découvrir mon approche de la somatothérapie ou me contacter pour en discuter.















 
 
 

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