Yoga en automne : 6 postures pour ralentir et revenir aux sensations


L’automne change beaucoup de petites choses dans notre quotidien. Les journées raccourcissent, les températures baissent et nous passons progressivement davantage de temps à l’intérieur. Et, selon les personnes et les périodes, notre envie de bouger peut elle aussi évoluer.
Je suis professeure de yoga et j’aime justement cette idée que notre pratique n’a pas besoin d’être exactement la même toute l’année. Certains jours, nous pouvons avoir envie d’une pratique dynamique. D’autres fois, de mouvements beaucoup plus lents. Et parfois, simplement de nous installer dans une posture et d’observer ce qui se passe.
Pour l’automne, j’ai choisi six postures que j’aime particulièrement pour travailler l’ancrage, la mobilité, l’étirement, l’équilibre, mais aussi laisser une place au repos. L’idée n’est pas de réussir parfaitement ces postures. Elle est plutôt de les utiliser comme une occasion de revenir au corps et aux sensations.
Faut-il vraiment pratiquer le yoga différemment en automne ?

Il n’existe évidemment pas une pratique de yoga obligatoire pour chaque saison. Notre corps ne bascule pas soudainement en « mode automne » à une date précise. En revanche, les saisons modifient notre environnement et nos habitudes : la lumière, la température, nos activités, le temps passé dehors…
Je trouve donc intéressant d’adapter parfois ma pratique à ce dont j’ai envie et à ce que je ressens à ce moment-là. En automne, cela peut signifier ralentir un peu, laisser davantage de place aux postures tenues, aux étirements, à la respiration ou au repos.
Mais surtout : observer. Ai-je envie de bouger ou de rester immobile ? Est-ce que cette posture me demande beaucoup d’effort aujourd’hui ? Où est-ce que je sens l’étirement ? Est-ce que je retiens ma respiration lorsque je cherche l’équilibre ? C’est aussi cela, pour moi, pratiquer le yoga : ne pas seulement reproduire une forme, mais sentir comment nous la vivons.
Vriksasana : la posture de l’Arbre pour explorer l’équilibre

Debout, un pied reste ancré au sol tandis que l’autre vient prendre appui sur la jambe. Les mains peuvent rester devant la poitrine ou monter progressivement au-dessus de la tête.
Vriksasana est une posture que j’aime beaucoup parce qu’elle paraît simple, mais demande en réalité de nombreux petits ajustements. Elle nous invite à trouver de la stabilité tout en acceptant les mouvements permanents du corps.
Pendant la posture, vous pouvez observer la manière dont votre pied prend appui sur le sol, les petits ajustements de votre cheville, les muscles qui se contractent pour maintenir l’équilibre, mais aussi votre respiration. Vous pouvez également observer votre réaction lorsque vous perdez l’équilibre. Et oui, poser le pied par terre et recommencer fait entièrement partie de la pratique.
Paschimottanasana : la Pince pour sentir l’arrière du corps

Assis, les jambes allongées devant soi, on laisse progressivement le buste s’incliner vers l’avant. Pas besoin d’attraper ses pieds. Et encore moins de poser absolument le ventre ou le front sur les jambes.
Ce qui m’intéresse davantage dans cette posture, c’est tout ce que l’on peut sentir à l’arrière du corps : les mollets, l’arrière des cuisses, le bassin, le dos… Selon votre mobilité, la posture sera très différente de celle de votre voisin. Elle peut également être différente chez vous d’un jour à l’autre.
Plutôt que de chercher à aller le plus loin possible, essayez de repérer le moment où l’étirement est présent sans devenir une lutte.
Balasana : la posture de l’Enfant pour ralentir

Genoux au sol, le bassin revient vers les talons et le buste se dépose vers l’avant. Balasana est probablement l’une des postures que j’utilise le plus facilement lorsque j’ai envie de ralentir, parce qu’ici, il n’y a pas grand-chose à réussir.
On peut laisser les bras devant soi ou le long du corps, écarter davantage les genoux si cela est plus confortable et utiliser un coussin ou un support sous le buste si nécessaire. Puis observer le contact avec le sol, le mouvement de la respiration, le dos qui bouge légèrement à chaque inspiration, les zones qui se relâchent facilement et celles qui restent plus présentes.
Et si la posture n’est pas confortable pour vous, inutile d’insister. Une posture dite « de repos » n’est reposante que si votre corps peut réellement s’y installer confortablement.
Ardha Matsyendrasana : une torsion assise pour retrouver de la mobilité

Dans cette torsion assise, le buste tourne progressivement sur le côté. Plutôt que de chercher à tourner le plus loin possible, j’aime utiliser cette posture pour observer comment le mouvement se fait dans mon corps.
Est-ce que je tourne facilement ? Est-ce que je force avec les bras ? Est-ce que je continue à respirer normalement ? Est-ce qu’un côté semble différent de l’autre ? Une torsion peut être très légère et rester intéressante. Il n’est pas nécessaire d’aller chercher une amplitude spectaculaire.
Là encore, la posture devient surtout un moyen d’observer ce que le corps permet aujourd’hui.
Anjaneyasana : la fente basse pour remettre du mouvement

Après plusieurs postures plutôt stables ou proches du sol, Anjaneyasana apporte une sensation très différente. Un pied est placé devant, le genou arrière repose au sol et le bassin avance progressivement, dans la limite de ce qui reste confortable.
Selon la position choisie, vous pourrez notamment sentir l’avant de la hanche et de la cuisse de la jambe arrière s’étirer. Le buste peut rester vertical. Les mains peuvent être posées sur la cuisse ou monter vers le ciel.
Là encore, la question n’est pas « Jusqu’où puis-je aller ? », mais plutôt : « Que se passe-t-il si je reste ici quelques respirations ? »
Supta Baddha Konasana : terminer allongé et observer

Pour cette dernière posture, on s’allonge sur le dos, les plantes de pieds se rapprochent et les genoux s’ouvrent de chaque côté. Des coussins peuvent être placés sous les cuisses ou les genoux si l’ouverture est trop importante.
J’aime particulièrement terminer une pratique avec une posture dans laquelle il n’y a plus de mouvement à produire. C’est parfois à ce moment-là que l’on remarque le plus de choses : la respiration, les points de contact avec le sol, une zone encore tendue, la température du corps, une sensation de lourdeur ou, au contraire, l’envie de bouger.
Il n’y a rien de particulier à ressentir. L’exercice consiste justement à observer ce qui est là.
En automne, ralentir ne veut pas forcément dire moins bouger.
C’est probablement ce que j’aimerais que vous reteniez de cette petite séquence. Ralentir n’est pas forcément arrêter de bouger. On peut continuer à mobiliser son corps, travailler son équilibre, s’étirer, respirer et pratiquer tout en changeant simplement la manière dont on le fait.
Un peu moins dans la recherche de performance, un peu plus dans l’observation. Et cela correspond finalement assez bien à la manière dont j’aime aborder le corps chez Du Baume au Corps : il ne s’agit pas toujours de chercher à le corriger ou à lui faire faire quelque chose. On peut aussi prendre quelques minutes pour sentir comment il va aujourd’hui et adapter la suite à partir de là.
Une petite pratique de yoga pour l’automne

Si vous souhaitez essayer ces postures ensemble, vous pouvez construire une pratique très simple. Commencez debout avec Vriksasana, la posture de l’Arbre.
Passez ensuite progressivement au sol avec Paschimottanasana, puis Balasana et Ardha Matsyendrasana. Revenez ensuite dans Anjaneyasana avant de terminer allongé en Supta Baddha Konasana.
Restez quelques respirations dans chaque posture, sans chercher à atteindre une durée particulière. Et surtout, adaptez. Une posture peut être raccourcie, soutenue par un coussin, modifiée ou simplement abandonnée si elle ne vous convient pas ce jour-là.
Le yoga n’est pas un concours de souplesse. Votre pratique peut aussi devenir un moment pour écouter votre corps, retrouver des sensations et reconnaître un peu mieux ce qui vous convient aujourd’hui.
Si vous avez envie de pratiquer avec moi, je propose également des cours de yoga à Rousset. Vous pouvez me contacter pour connaître les prochaines dates.




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